| |
Le continuation bet (c-bet) en tête-à-tête au flop
Le continuation bet est une technique
(beaucoup utilisée par les joueurs agressifs) qui consiste à miser une somme
conséquente au flop (entre la moitié et les 2/3 du pot au minimum), quelque
soit celui-ci, lorsque l’on est l’agresseur préflop et que l’on a la position,
dans l’espoir de gagner le pot immédiatement.
Dans cet article, je vais parler du
continuation bet lorsque l’on se retrouve à 2 joueurs sur le flop. Quand on se
retrouve en tête-à-tête (heads-up), j’aime à dire « Trouvez-moi un flop où
je ne ferais pas un continuation bet ! ». Par défaut, si vous avez
une petite chance de remporter le pot, en totalité ou une partie, allez-y,
misez. Cela veut dire que vous devez miser avec AA sur un flop A63 dépareillé,
bien sûr, mais aussi avec KcJc sur un flop AhTh3s, après tout, vous avez 3 outs
(cartes qui peuvent sortir : Qd Qs et Qc) pour avoir le meilleur jeu. Vous
devez miser sur vos tirages tout autant que sur vos mains faites. La seule
configuration où vous pouvez hésiter à faire un continuation bet est quand le
flop est monotone (toutes les cartes sont de la même couleur), par exemple vous
avez 6h5h et le flop est 9sJsKs. Toutefois tous ces exemples ne sont que le
type de jeu que vous devez avoir par défaut quand vous venez juste de vous
asseoir à une table contre de parfaits inconnus. Mais le poker est rarement un
jeu de « situations type », nous devons donc inclure un peu de
stratégie dans ces situations…
Il y a peu de statistiques dont je me soucie,
pour être honnête, plus je monte de niveau, moins les statistiques deviennent
importantes contrairement à la dynamique du jeu à la table. Cependant, il y en
a quelques une à considérer quand on fait un continuation bet. Ce sont :
le pourcentage de fois où le joueur suit un c-bet, le pourcentage de fois où le
joueur relance un c-bet et le pourcentage de fois où le joueur se couche face à
un c-bet.
En tête-à-tête contre un joueur
serré-passif/faible, le type de joueur qui se couche contre un continuation bet
environ 70~80% du temps, sortez l’artillerie. Si il commence à vous suivre avec
des jeux faibles (avec une paire intermédiaire par exemple), attaquez-le à la
turn et la river plus souvent. C’est le bon type de joueur contre lequel on
peut représenter une main monstrueuse à la turn, sans forcément toucher une
meilleure main. Si il relance ou suit, agissez avec prudence. Essayez d’aller
jusqu’à l’abattage des cartes pour pas cher, pour voir ses cartes et savoir ce
qu’il fait, jusqu’à ce que soyez sûr qu’il a ajusté son jeu au vôtre (en
suivant vos c-bet en semi-bluff ou parce qu’il les relance en bluff total) et
adaptez votre jeu en conséquence.
Vient maintenant le tour du joueur
« normal », le serré-agressif moyen ou le joueur moyen qui,
généralement, suit ou relance avec une bonne main, mais qui quelques fois vous
suivra avec une main faible ou vous relancera en bluff. J’ai tendance à
recourir à la stratégie basique développée dans le premier paragraphe, si j’ai
un quelconque tirage ou si je sens que je peux remporter le pot tout de suite,
je mise. Faites quand même attention à bien remarquer si ce joueur n’a pas
décidé de commencer à vous contre-attaquer.
Voyons à présent, le « cas », le
mauvais joueur de base (pigeon, fish, donk, calling-station quelque soit le nom
qu’on lui donne), le type de joueur qui suit plus de 50% du temps quelque soit
ses cartes. Parfois, vous devrez lui laisser le pot au flop en faisant un
check/passe, car, bien sûr, cela vous ouvrira le terrain pour lui faire un
chek/relance au flop en bluff ou avec une grosse main. Si vous n’avez pas la
position par rapport à lui et qu’il vous suit, vous allez devoir l’attaquer aux
tours suivants. En définitive, ce type de joueur vous fera perdre de l’argent
au début, jusqu’à ce que vous compreniez exactement ce qu’il fait. Une fois que
vous aurez noté qu’il a suivi votre bluff pendant deux tours de mises avec 63
sur un tableau 68JK, le jeu sera, en substance, fini pour lui. La stratégie à
adopter contre ces joueurs dépend de quelle sous-catégorie ils proviennent…
Contre une calling-station, le meilleur moyen
est de ne faire que des mises de valeur (value bet : ne miser que lorsque
l’on pense avoir le meilleur jeu), donc vous devez miser sur les trois tours de
mises avec TPTK ou TPGK, un set, deux paires et quand votre tirage se complète.
C’est une calling-station, donc vous perdrez beaucoup de valeur si vous faites
un check juste pour voir si il va miser sur un tableau avec Dame haute alors
que vous avez les As en mains et lui juste un tirage foireux. Rappelez-vous que
c’est une calling-station, donc il ne demande qu’à vous suivre si vous misez.
Donc, en aucun cas ne faites un check si vous avez une main !
Les joueurs les plus difficiles à appréhender
sont ceux qui pratiquent le floating (suivre une relance au flop, sans avoir de
jeu, dans le but de voler le pot en misant dans les tours suivants si
l’adversaire montre de la faiblesse). Ce sont généralement des joueurs
large-agressif qui ne cherchent sur-jouer pour vous battre, les joueurs qui ne
sont là que pour flatter leur ego, des idiots qui face à un continuation bet se
couchent, suivent ou relancent 33% des fois quelque soit leur jeu. Il faut
aussi noter qu’un joueur normal/bon qui vient juste de perdre quelques gros
pots, qui a l’air un peu en tilt ou alors auquel vous vous êtes acharné à faire
des continuation bets pendant 1/2h, peut aussi rentrer dans cette catégorie. Le
secret pour combattre ces joueurs est de les laisser s’acharner sur vous, les
obliger à sur-jouer leurs mains. Miser au flop et faire un check/relance au
tournant est de la folie contre ce type de joueur, que vous ayez un monstre ou
que vous n’ayez rien (pour ma part, je ne suis du genre à montrer mes bluffs,
mais si vous le faites contre ce type de joueur cela peut-être EV+ et peut
contribuer à leur faire perdre leur tapis contre vos mains monstrueuses). C’est
le type de joueur à suivre ou relancer avec 88 ou 9T sur un flop 29Q, vous
allez donc devoir commencer à les sur-relancer. Si ils veulent vous sur-jouer,
ils vont devoir mettre leur tapis avec leur paire intermédiaire pour vous
suivre, parce que vous allez les contre-attaquer toute la journée.
Les mains marginales sont assez difficiles à
jouer, du genre QT sur un flop TK3r ou KT sur AK8. Vous pourriez avoir la
meilleure main ou pas. Hors position, vous devriez quand même miser la plupart
du temps, parce que faire un check et suivre une mise ne vous donne pas
vraiment d’informations et c’est une manière de jouer généralement faible.
Cependant, avec la position, vous avez pouvez très bien faire un check, vous
serez cependant pratiquement obligé de suivre au tournant si vos adversaires
misent, puis vous devrez évaluer la rivière en fonction de la situation.
La dernière chose à prendre en considération
est votre image à la table. Par exemple, si le tableau offre beaucoup de
tirages et que votre image est celle de quelqu’un qui mise sur tous les flops,
ce pourrait être une bonne occasion de faire un check ou de se coucher, puisque
ce flop peut avoir amélioré beaucoup de mains et que votre image n’est pas
super.
Et enfin, il ne faut surtout pas oublier de
varier son jeu.
Source: http://forumserver.twoplustwo.com/showflat.php?Number=7466349
| |